Quand on évoque Soumia, c'est avant tout comme l'une des interprètes de Temps pour temps en 1998. Pourtant, cette période est aujourd'hui bien loin. La jeune femme a mûri, voyagé et est allée à la rencontre de son public. Elle s'est livrée, en toute simplicité à Planeteblack sur ses débuts, ses coups de cour, ses attentes.
Planeteblack : Comment en es-tu venue à la musique ?
Soumia : J'ai débuté en faisant les chours dans des petits groupes de hip-hop. C'était une rencontre fortuite avec des amis et moi j'aimais vraiment chanter. Un jour, tout à fait par hasard, ils m'ont entendue et on a commencé à travailler ensemble. Par la suite, j'ai rencontré beaucoup d'autres personnes de ce milieu car je travaillais dans un studio.
Planeteblack : Tu as suivi de longues études et as tout abandonné pour ta passion. C'était risqué non ?
Soumia : J'ai effectivement poursuivi mes études et quand je les ai terminées, j'ai travaillé pendant deux ans et demi dans un groupe de téléphonie. Ensuite, combiner le travail et la musique devenait très difficile. A cette époque, les choses se précisaient puisque je me produisais en spectacle. J'ai fait les deux en parallèle mais il m'a fallut arrêter parce que je n'étais plus opérationnelle au sein de mon poste. J'ai donc choisi la musique et jusqu'à maintenant j'ai pu vivre de ma musique.
Planeteblack : Lorsqu'on est d'origine marocaine, comment se fait-on une place dans le milieu afro-caraïbéeen ?
Soumia : C'est toute une suite d'enchaînements, de hasards et de rencontres. Quand j'étais étudiante, je travaillais en même temps. C'est ainsi que j'ai rencontré Talina, avec qui je me suis liée d'amitié. A cette époque, je travaillais avec une petite maison de production qui devait me produire un album mais il n'a jamais vu le jour. A l'époque, j'avais 21 ans. Talina évoluait dans le milieu caraïbéen et un jour, elle m'a présentée à Ronald Rubinel. Il souhaitait faire un groupe de trois filles. Il a vite été séduit et réciproquement, j'ai beaucoup aimé ce qu'il voulait nous proposer. Je ne me suis pas posée plus de questions. Je ne savais pas où ça allait me mener et c'est ainsi qu'on a fait le titre Temps pour Temps. Comme ce titre a très bien fonctionné on a fait beaucoup de spectacles. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de nombreuses personnes dont Kaysha.
Planeteblack : À en croire les titres de tes deux albums, Still In Love et In Love Again , l'amour semble être ton sujet de prédilection. Quelle est la part autobiographique dans tes chansons ?
Soumia : En tant qu'auteur, j'écris tous mes textes et il y a toujours une part d'autobiographie. Parfois c'est inconscient, mais on parle toujours de quelque chose qu'on a pu ressentir. C'est aussi parfois mêlé de fiction et les relations des autres peuvent aussi m'inspirer. Mais je ne pense pas qu'il y ait une chanson qui soit réellement autobiographique. Je m'implique beaucoup dans l'interprétation donc j'essaie de mettre autant de sincérité que possible et de faire vivre le personnage ; pas nécessairement parce que je l'ai vécu. J'arrive à ressentir les choses, c'est une forme de comédie et de jeu.
Planeteblack : Ton second album, In Love Again offre une toute nouvelle couleur musicale (guitare électrique, piano, accapella, chant en arabe.) très différente du premier. Comment l'as-tu préparé ?
Soumia : Je m'y suis beaucoup plus impliquée, que ce soit dans le choix des morceaux et des compositeurs avec lesquels j'ai voulu collaborer. J'ai voulu m'investir à tous les niveaux de l'album parce que j'ai acquis un peu d'expérience, je sais comment ça fonctionne. J'ai aussi participé au choix des photos et du stylisme de l'album. La grande différence c'est que Kaysha avait pratiquement composé tous les morceaux tandis que dans celui-ci, on a décidé de faire participer d'autres compositeurs un peu moins connus comme, Heddayat ou Linda Ray. Les femmes qui composent sont très rares dans ce milieu. J'ai fait sa connaissance en tant que choriste et elle a composé Je t'écris.
Quant à la couleur musicale que l'on retrouve sur mon album, elle reflète vraiment ce que je suis ; de par mes origines, car je suis une beurette qui a grandi en banlieue parisienne. Après il y a beaucoup d'influences musicales qui se mélangent à la variété française, à la musique africaine, au zouk, à la musique marocaine. Ce sont des musiques que j'ai plus qu'appréciées et qui font partie de moi. Dans cet album, j'ai vraiment voulu faire transparaître tout ça. Dans Bladi je chante en arabe et j'ai inclus tous ces morceaux dans ce projet pour montrer qui je suis vraiment.
Planeteblack : Quels sont les artistes que tu apprécies le plus ?
Soumia : Il y en a beaucoup.Parmi mes duos, celui qui m'a le plus bluffée, c'est Daddy Mory parce que je ne le connaissais pas personnellement mais en tant qu'artiste, au temps de Raggasonic. J'ai été très impressionnée par sa performance en studio. Je ne m'attendais pas à ça ! C'est vrai que dans le milieu hip hop et dancehall, ce n'est pas toujours sérieux. Mais lui, il est arrivé à l'heure, il a écrit son texte rapidement et l'a posé en one shot ! C'est très impressionnant à voir en studio ; je regrette de ne pas avoir pu filmer ! Sinon j'apprécie beaucoup Kore & Scalp, ils ont fantastiques. Après; dans le milieu dans lequel j'évolue, j'aime beaucoup Medhy Custos : c'est un très bon compositeur et mélodiste,
Planeteblack : A quand ton album entièrement en créole ?
Soumia : Il faudrait que je rencontre quelqu'un qui me fasse un texte fantastique parce que je suis très pointilleuse à ce niveau là. J'adore écrire et pour le moment, il m'est très difficile de chanter les chansons des autres. Je ne sais pas parler créole même si je connais quelques bribes, je ne suis pas capable d'écrire tout un texte. Mais ça se fera très certainement !
Soumia sera en show case le jeudi 10 novembre à la discothèque Platinium (Nancy)
PLANETEBLACK.COM : Le site d’Information de Référence de la Culture Black : Votre univers en un clic !
COPYRIGHT - PLANETE BLACK PRODUCTIONS - 184 Avenue de la République - Fontenay Sous Bois -