A la question, que représente pour vous la journée de la femme ?
- Nassirine, 23 ans, étudiante en commerce (92) :
Pour moi, la journée de la femme c’est avant tout un moyen de voir ce qui sera mis en œuvre pour améliorer la condition de la femme, en entreprise, en politique et sur les autres plans. Auparavant, la femme n’avait pas son mot à dire, elle ne pouvait pas se mettre en avant. A notre époque, la journée de la femme est devenue primordiale car elle permet de voir quelles sont les évolutions et obtenir des renseignements pour l’avenir. L’Afrique reste encore traditionnelle et se concilie difficilement avec la modernité. L’Europe évolue beaucoup plus rapidement avec l’exemple d’Angela Merkel mais c’est différent en France. Aujourd’hui, il est vrai que la femme occupe des postes au même titre que les hommes. Mais pour moi, on veut leur montrer qu’on les aide à aller de l’avant ; les hommes se sentent obligés de le faire ! Les femmes ont des capacités il faut le reconnaître, mais beaucoup de choses encore restent à faire.
Une femme noire qui m’a marquée ? Ellen Sirleaf Johnson, la nouvelle présidente du Libéria.
- Hélène, 50 ans, agent commercial (75) :
La journée de la femme est vraiment importante car depuis 1975 il y a eut l’égalité entre l’homme et la femme. Jusqu’à l’heure où je parle, je ne vois pas dans le comportement de l’homme que la femme soit son égale. La femme noire est encore en dessous de la moyenne. Parce qu’elle n’est pas considérée, surtout au niveau de l’Afrique et en général dans le monde. A niveau de l’Afrique, la femme noire n’est pas du tout l’égale de l’homme. Je pense bien que la femme noire, elle-même, doit se lever pour se battre pour être l’égale de l’homme. La culture africaine dit que la femme est « un sous-homme » : A la naissance, c’est dit dans la tradition, que la femme est une partie de l’homme. Elle ne peut pas être son égale, d’après la culture.
Une femme noire qui m’a marquée ? Ce serait une femme qui se bat pour l’égalité de l’homme et la femme. Se serait une femme qui se débrouille même pour essayer de motiver les femmes en particulier. Un nom ? Je dirais moi-même ! (rires). Si j’avais le pouvoir de me battre, j’arrangerais la politique africaine, j’arrangerais l’idéologie, africaine, j’arrangerais la position de la femme africaine.
- Vanessa, 25 ans, étudiante en commerce (75) :
D’abord, je trouve dommage qu’il n’y ait pas davantage de communication dessus parce que tout le monde n’a pas connaissance de cette journée et des manifestations prévues. Ensuite, je pense qu’il reste beaucoup à faire au niveau du travail par exemple avec l’égalité des salaires : les femmes sont beaucoup moins bien rémunérées que les hommes. Cette journée doit permettre à chaque femme d’être mise en avant, notamment les femmes battues qui se sentent dévalorisées. Je pense que le fait d’être considérée comme minorité, en plus d’être « inférieure » à l’homme, empêche la femme noire de pleinement évoluer. Ce serait une bonne chose, que les femmes noires qui ont réussi professionnellement interviennent au cours d’événements afin de parler de leur parcours, de leur vécu, des difficultés qu’elles ont rencontrées et comment elles les ont surmontées.
Une femme noire qui m’a marquée ? Lauryn Hill que j’apprécie beaucoup. Elle est simple et très talentueuse.
- Sabrina, 32 ans, hôtesse de l’air (94) :
La journée de la femme doit avant tout mettre en avant l’égalité et le respect de la femme. Malheureusement je trouve qu’elle n’est pas assez médiatisée car je ne savais pas que c’était le 8 mars ! Cette journée est beaucoup perçue comme une initiative des féministes ce qui n’est pourtant pas le cas. Sans être féministe, je pense que chaque femme a droit au même respect qu’un homme. Ce jour devrait être connu du maximum de personnes (hommes et femmes) et surtout que ce ne soit pas juste symbolique mais que des actions concrètes soient réalisées : salaires égaux, moins de femmes au chômage, l’accès à l’alphabétisation des femmes immigrées… Quant à la femme noire, la question est de savoir ce qui a été fait pour elle dans notre société ? J’aimerais également recevoir une fleur de Jasmin (ma fleur préférée) de mon homme pour être sûre qu’il sache à quoi corresponde ce jour là.
Une femme noire qui m’a marquée ? Ma mère, parce qu’elle m’a mis au monde.
- Melissa, 43 ans, chargée des ressources humaines (92) :
Je connais depuis peu la journée de la femme et j’apprécie ce qui est fait dans ce sens. Il est certain que sa position dans la société a pris un poids considérable. Il suffit de regarder l’exemple d’Angela Merkel, de la présidente du Libéria et aussi de la nouvelle présidente du Chili, Michèle Bachelet ! La femme accède enfin à de hautes fonctions au même titre que n’importe quel homme. Je ne suis pas sûre que l’on soit prêt à ce type de changement en France, qui reste un pays encore très macho. Ce que je voudrais avant tout, c’est que la femme noire ne soit plus mise en avant en tant « minorité visible » pour faire du politiquement correct ! Ses idées et ses compétences sont aussi valables que celles ne n’importe qui mais il faut qu’elle se décide à faire ce pas, qu’elle oublie une bonne fois pour tout son passé d’esclave ! On n’a plus a être soumis à qui que ce soit !
Une femme noire qui m’a marquée ? Il y en a beaucoup mais je dirais Calixte Beyala qui est une vraie grande gueule mais pas seulement ! |